ONCOLOGIE

Centre de radiothérapie Joliot Curie



QU'EST CE QUE LA CHIMIOTHERAPIE ?
LA CHIMIOTHÉRAPIE AMBULATOIRE
LA REALISATION D'UN TRAITEMENT
EFFETS SECONDAIRES DE LA CHIMIOTHERAPIE

QU'EST CE QUE LA CHIMIOTHERAPIE ?



La chimiothérapie est l'administration de produits cytotoxiques le plus souvent par voie veineuse et qui a pour but de détruire ou d'empêcher les cellules cancéreuses de se multiplier dans l'ensemble de l'organisme.

LA CHIMIOTHÉRAPIE AMBULATOIRE



La chimiothérapie ambulatoire consiste en l'administration de votre traitement pendant quelques minutes ou quelques heures dans un hôpital de jour, à la suite de laquelle vous rentrez chez vous. Certains traitements peuvent également être totalement réalisés à domicile.
La chimiothérapie ambulatoire est le plus souvent compatible avec la poursuite d'une vie quasi-normale voire même d'une activité professionnelle, à temps complet ou partiel selon votre désir.
La chimiothérapie se développe de plus en plus. Toutefois certains médicaments ne peuvent pas être administrés en ambulatoire du fait de leurs effets indésirables ou de leur modalité d'administration. Dans ce cas, l'équipe médicale qui vous suit vous proposera une hospitalisation de courte durée.
Cette première partie explique le déroulement habituel d'une chimiothérapie ambulatoire. Toutefois, il ne peut répondre à toutes vos questions. N'hésitez surtout pas à interroger tous les membres de l'équipe soignante qui vous prend en charge. L'objectif de la chimiothérapie ambulatoire est de préserver votre qualité de vie.

LA REALISATION D'UN TRAITEMENT



Quels que soient les médicaments anticancéreux, ils doivent être prescrits par un médecin spécialisé appelé oncologue. Lui seul connaît les médicaments les plus efficaces dans votre cas, les doses et leur durée d'administration qui peut durer de quelques minutes à plusieurs heures voire à quelques jours. De plus, ces médicaments dont les conditions de manipulation sont très strictes, ne sont délivrés que par les pharmacies hospitalières.

1. Fonctionnement d'un hôpital de jour de chimiothérapie
La majorité des médicaments anticancéreux sont administrés dans un hôpital de jour de chimiothérapie c'est-à-dire, qu'après avoir reçu votre perfusion, vous pourrez rentrer chez vous.

2. Déroulement d'un traitement en hôpital de jour
Avant tout traitement vous devez vous faire faire une prise de sang, soit en ville la veille de votre traitement, soit le matin même à l'hôpital, selon l'organisation du service. Muni de vos résultats, vous avez ensuite rendez-vous avec un médecin oncologue qui analyse vos résultats biologiques vous reçoit, vous examine si nécessaire et vous interroge sur les effets de votre précédent traitement. S'il s'agit de votre premier traitement, cette consultation permet à votre oncologue de vous expliquer le déroulement des séances, les médicaments qui vous sont prescrits et les effets secondaires possibles de votre traitement. Profitez-en pour lui poser toutes les questions qui vous préoccupent. Vous pouvez écrire à l'avance la liste de vos questions pour mieux vous en souvenir au moment de la consultation.

Après la consultation, vous êtes accueilli par une infirmière qui vous prend en charge. Elle vous installe confortablement sur un fauteuil ou un lit selon votre préférence, votre état de fatigue et la disponibilité des places. Puis, elle branche la perfusion et surveille le bon déroulement du protocole. N'hésitez pas à apporter de quoi vous occuper pendant la durée du traitement vous pouvez lire, écrire, travailler ou écouter de la musique. Quasiment partout, les patients traités par chimiothérapie sont porteurs d'une chambre implantable ou port-à-cath afin de faciliter la pose de la perfusion et de sécuriser le passage des médicaments.
A la fin de la perfusion, vous quittez l'hôpital après avoir pris rendez-vous pour le traitement suivant et pour la consultation de bilan.

3. La mise en place d'un port-à-cath
Le port-à-cath est constitué d'un petit réservoir, qui est implanté sous la peau de votre thorax et relié à un tube fin et souple (cathéter) qui est introduit dans une veine en dessous de la clavicule. Les médicaments sont injectés directement dans le réservoir et gagnent immédiatement la circulation sanguine générale.
La pose de ce port-à-cath est réalisée par un chirurgien, sous anesthésie locale ou générale. La durée de cette intervention n'excède pas une heure. La survenue d'un petit hématome pendant 24 heures est fréquente mais les complications infectieuses ou vasculaires sont exceptionnelles.
Le tuyau ou site implantable sont des corps étrangers sur lesquels une infection peut se fixer. Une phlébite peut parfois apparaître. Il est nécessaire de signaler rapidement au médecin toute douleur locale intense, tout gonflement anormal, rougeur ou écoulement au niveau de la piqûre, fièvre ou frisson, toute gêne respiratoire et tout gonflement du bras, du visage et du cou.
Ce port-à-cath est pour vous une source de confort car il évite les injections répétées dans les veines du bras (la plupart des traitements de chimiothérapie sont très agressifs pour le système veineux), vous laisse les bras libres pendant l'administration du traitement et vous permet de rentrer chez vous.
Le port-à-cath est généralement posé avant la 1ère ou la 2ème séance de chimiothérapie. Situé sous la peau, il permet de se doucher normalement. Il ne gêne pas les activités physiques, ni même le sport (à condition de ne pas subir de choc sur le boîtier). Si vous êtes chasseur ou si vous pratiquez des sports de combat, il est préférable d'en parler à votre médecin.

4. Les traitements sur un jour
C'est le cas le plus simple. Vous recevez votre traitement sur place et repartez chez vous. Très souvent, les médicaments anticancéreux sont associés entre eux pour avoir un effet plus important (effet synergique). Ces associations de médicaments anticancéreux s'appellent des protocoles. Selon les protocoles, deux ou trois médicaments sont associés sur une période de plusieurs mois. Les produits sont alors perfusés simultanément ou successivement. Des médicaments contre les nausées et les vomissements vous sont systématiquement administrés, le choix et la dose de ces correcteurs sont adaptés à votre sensibilité et au traitement que vous recevez.

5. Les traitements sur plusieurs jours
Un grand progrès a été fait avec le développement des diffuseurs portables. Leur principe est de permettre une diffusion régulière du médicament présent (contenu ?) dans la poche pendant une durée donnée, déterminée par le médecin. Ces infuseurs sont portables, légers et reliés directement au port-à-cath, ce qui vous permet d'être autonome et de rentrer chez vous au lieu d'être hospitalisé. Il en existe plusieurs sortes plus ou moins sophistiqués, les plus utilisés étant les infuseurs à poche simple.
Les infuseurs à poche simple sont constitués d'un petit flacon qui s'attache à votre ceinture comme un téléphone portable. Le remplissage est très simple. Leur usage est unique. Quand l'infuseur est vide une infirmière proche de votre domicile ou de votre travail le débranche et le jette. Sa taille présente l'avantage de la discrétion, ce qui est un gros atout si vous ne souhaitez pas que vos collègues de travail, par exemple, soient au courant de votre maladie.
Lorsque vous quittez l'hôpital de jour avec votre infuseur branché vous pouvez avoir une vie quasi-normale vous pouvez même vous doucher avec précaution : attention à ne pas humidifier la zone du port. Vous pouvez aussi prendre un petit bain assis.
Pour dormir, l'infuseur se porte à la taille dans son étui.

6. Les traitements avec hospitalisation conventionnelle mais courte.
Certains médicaments anticancéreux imposent une surveillance étroite du patient du fait de leur modalité d'administration ou de leur toxicité aigue. Dans ce cas, votre médecin oncologue vous hospitalise dans une structure spécialisée pour quelques jours.

7. Traitements par voie orale
La plupart des traitements anticancéreux étant détruits dans le tube digestif, il faut les administrer par voie injectable. Bien que cela soit encore peu fréquent, certains médicaments peuvent maintenant être utilisés par voie orale. Il s'agit d'une voie de recherche active en cancérologie. Dans ce cas, après la consultation avec le médecin oncologue, vous passez à la pharmacie de l'hôpital qui vous délivre la quantité nécessaire de médicament et vous prenez votre traitement à domicile. Mais attention, un médicament pris par voie orale n'est pas moins dangereux qu'un médicament injectable. Vous devez donc respecter scrupuleusement la posologie prescrite, le nombre de prises par jour et dans certains cas l'horaire des prises. Les traitements hormonaux ou anti-hormonaux constituent de bons moyens pour lutter contre certains types de cancer au même titre qu'une chimiothérapie standard. C'est le cas du cancer du sein, au cours duquel les femmes peuvent recevoir pendant plusieurs années un traitement hormonal sous forme d'un comprimé par jour.

8. Traitements par voie injectable
Certains dérivés hormonaux s'administrent par injection sous-cutanée ou intramusculaire. C'est aussi le cas des traitements immunologiques qui sont utilisés pour certains cancers. Les injections vous sont alors faites " à domicile " par une infirmière libérale, avec des bilans de surveillance réguliers demandés par votre médecin oncologue.

EFFETS SECONDAIRES DE LA CHIMIOTHERAPIE



Votre maladie rend nécessaire l'administration d'une chimiothérapie. Le plus souvent ce nom de chimiothérapie fait très peur car il est associé, dans notre esprit à une forte toxicité, un traitement difficile à supporter. En fait, ce terme de chimiothérapie correspond à des médicaments qui ont beaucoup évolué et sont maintenant mieux tolérés.
De plus, il existe actuellement de nouveaux médicaments qui permettent de contrôler les effets indésirables des produits de chimiothérapie. Il est donc clair que la chimiothérapie d'il y a 15 ans qui faisait très peur et qui faisait vomir a beaucoup évolué et est maintenant bien mieux supportée.
De plus, les médicaments de chimiothérapie sont de plus en plus efficaces et peuvent aujourd'hui guérir de nombreux patients, associés ou non aux autres modes de traitement (radiothérapie, chirurgie).
Ce chapitre se veut le plus exhaustif possible mais il est clair qu'il ne peut pas répondre à toutes vos questions. Il ne faut donc pas hésiter à interroger votre médecin oncologue sur les points qui vous inquiètent. Pour cela, pensez à noter au fur et à mesure toutes vos remarques et questions sur un petit carnet.
Par ailleurs, souvenez vous que votre médecin généraliste, au même titre que votre oncologue, est à votre disposition pour répondre à toutes vos interrogations.

1. Comment agit la chimiothérapie ?
Pour comprendre le mode d'action de la chimiothérapie, il faut commencer par comprendre ce qu'est une cellule cancéreuse. Une cellule cancéreuse est une cellule qui se multiplie très vite et de façon anarchique, donnant naissance à d'autres cellules jusqu'à constituer une tumeur.
L'une des façons de tuer les cellules cancéreuses est donc d'empêcher leur multiplication. De fait, les cellules qui ne se multiplient plus, meurent. C'est là le principal mode d'action de la chimiothérapie. La chimiothérapie correspond à l'administration, le plus souvent par perfusion, de médicaments qui vont diffuser dans tout le corps et soigner la maladie partout où elle se trouve. Les médicaments de chimiothérapie vont donc surtout tuer les cellules qui se divisent vite, bien sûr et avant tout les cellules cancéreuses mais inévitablement aussi une partie des cellules saines en multiplication rapide comme les cellules du sang, les cellules des muqueuses de la bouche et du tube digestif, les cellules de la reproduction et les follicules pileux.

2. Quels sont les principes de base de la chimiothérapie ?
La chimiothérapie consiste généralement en l'administration de plusieurs médicaments. Ces médicaments ont le plus souvent un mécanisme d'action différent ce qui permet d'attaquer la maladie de plusieurs façons en même temps et d'avoir un résultat plus important. La chimiothérapie est administrée soit en hôpital de jour (vous rentrez chez vous le soir), c'est le plus fréquent, soit en hospitalisation conventionnelle. Quels que soient les médicaments de chimiothérapie utilisés, les doses seront adaptées à votre cas et calculées en fonction de votre poids et de votre taille.
La chimiothérapie est administrée par cycles. La durée des cycles varie en fonction des traitements. Certains schémas thérapeutiques s'administrent pendant plusieurs jours de façon répétée, d'autres une fois par semaine, d'autres enfin toutes les 2, 3 ou 4 semaines. La durée et le schéma d'administration de la chimiothérapie ne sont pas proportionnels à son intensité et ne croyez pas que plus une chimiothérapie est mal tolérée, plus elle est efficace (et inversement). Prenons l'exemple d'un cycle de 3 semaines. La chimiothérapie est administrée à un moment donné. A ce moment là, elle va détruire les cellules cancéreuses et détruire en même temps certaines cellules normales. Puis les produits de chimiothérapie vont être rapidement éliminés du corps soit dans les urines soit par le tube digestif. Pendant ces 3 semaines, les cellules normales vont se reconstruire très vite alors que les cellules cancéreuses vont très peu se renouveler. Au bout des 3 semaines, on administre de nouveau une perfusion pour tuer les cellules malades restantes. Il existe de très nombreux protocoles de chimiothérapie. Selon les produits, la durée d'administration varie de 10 minutes à plusieurs heures, voire à plusieurs jours pour certains médicaments qui nécessitent une perfusion continue. Majoritairement, la chimiothérapie est réalisée par voie intraveineuse mais elle peut aussi être délivrée par voie orale ou directement sur une région malade (par exemple directement dans l'abdomen, dans le foie en cas d'atteinte hépatique, par voie cutanée).

3. Quels sont les possibles effets secondaires de la chimiothérapie ?
Votre médecin connaît les médicaments les plus efficaces dans votre cas, leurs doses, leur durée d'administration optimale et leurs effets indésirables. En effet, comme tout médicament efficace, les produits de chimiothérapie peuvent entraîner des effets indésirables qui varient en fonction de la nature des médicaments et de la sensibilité des personnes. Certains de ces effets peuvent survenir quelques heures ou quelques jours après votre retour à domicile.
La liste d'effets indésirables présentée ici est donnée à titre indicatif, car ils ne surviennent rarement tous chez un même patient. La plupart de ces effets sont peu fréquents mais vous devez savoir qu'ils existent. Ils s'amenuisent souvent au fur et à mesure que le traitement progresse.
Vous traverserez peut-être des périodes de découragement au cours de votre traitement. Si cela vous arrive, la meilleure solution est toujours d'en parler avec votre médecin.

Effets secondaires possibles au cours de la perfusion
II y en a très peu. La perfusion se passe généralement très bien. De façon exceptionnelle, certains produits peuvent donner des réactions allergiques qui se manifestent par des bouffées de chaleur et des sensations de malaise. Dans ce cas, il faut instantanément avertir l'infirmière. Si vous présentez des réactions de ce type, le médecin pourra faire un traitement préventif pour les cures suivantes.
Les produits de chimiothérapie sont parfaitement indolores. Si vous ressentez une douleur pendant la perfusion, appelez l'infirmière car ce n'est pas normal.
Les nausées pendant la perfusion sont très rares car en plus des médicaments de chimiothérapie, on vous administre systématiquement un ou plusieurs médicaments dits anti-émétiques pour prévenir les nausées et les vomissements. Si le traitement est insuffisant pour vous, il est toujours possible de le renforcer.
Enfin, il est très fréquent que les personnes qui viennent pour leur chimiothérapie soient très anxieuses. Il ne faut pas hésiter à le signaler car cette anxiété peut être prise en charge par l'équipe soignante soit de façon médicamenteuse, soit par un psychologue. Les nausées et vomissements peuvent être augmentés en cas d'anxiété. En traitant simplement l'anxiété 2-3 jours avant la chimiothérapie, on peut parfois les éviter complètement. Surtout parlez-en à votre médecin.

Effets secondaires possibles à distance de la perfusion
Troubles digestifs
A distance de la perfusion, les vomissements sont devenus peu fréquents. En revanche, des nausées peuvent survenir dès le soir même et durer 24 heures ou plus longtemps. Cela dépend des médicaments de chimiothérapie mais aussi des patients, certains étant plus sensibles que d'autres. Dans certains cas, vous sortirez de l'hôpital avec une ordonnance de médicaments anti-émétiques adaptée à votre cas.
Les médicaments qui empêchent de vomir peuvent avoir quelques petits inconvénients. Ainsi, ils constipent souvent. Or, la constipation pouvant favoriser les nausées, il est important de la combattre en buvant le plus possible et en essayant de manger des légumes verts et des fruits frais. Si ces mesures ne suffisent pas, signalez-le à votre médecin qui vous donnera un traitement adapté.
Les conséquences de ces nausées sur le plan alimentaire sont très variables selon les personnes. Certaines vont avoir besoin de manger très légèrement alors que d'autres au contraire seront calmées par une grosse portion de pâtes. Le meilleur conseil que l'on puisse vous donner est de vous écouter et de respecter vos envies. La seule recommandation importante est de continuer à boire de façon correcte.
La perte d'appétit au cours du traitement n'est absolument pas systématique. Elle est possible en cas de nausées, de troubles du goût ou d'anxiété importante. Attention aux idées reçues, certaines personnes sont tellement convaincues que la chimiothérapie coupe l'appétit qu'elles n'ont plus faim sans qu'il y ait de raison objective. D'une façon générale, il faut essayer de manger suffisamment pour ne pas perdre de poids. Si vous avez vraiment peu d'appétit, essayez de vous alimenter en grignotant ce qui vous fait plaisir quand vous en avez envie et ne vous forcez pas à vous mettre à table. Si les odeurs vous gênent, mangez plutôt des plats froids. Enfin, si vous n'arrivez pas à vous nourrir suffisamment, parlez-en à votre médecin qui vous proposera des compléments alimentaires. Certains médicaments de chimiothérapie peuvent laisser un goût dans la bouche ou entraîner une insuffisance de sécrétion salivaire qui sont parfois très gênants. Dans ces cas, faites régulièrement des bains de bouche et n'hésitez pas à consulter si cela persiste. Certains médicaments peuvent provoquer des inflammations douloureuses de la bouche, un peu comme des aphtes. Ceux-ci surviennent généralement à partir de la 2ème semaine. Quand ils sont peu nombreux, ils peuvent être soignés efficacement avec de simples bains de bouche. En revanche, si cette inflammation douloureuse vous empêche de manger, vous devez absolument en parler à votre médecin. Il existe des traitements efficaces que vous pourrez prendre préventivement lors de votre chimiothérapie suivante. Ce n'est pas parce que vous avez eu des aphtes une fois que vous en aurez forcément à chaque fois.

La chimiothérapie peut entraîner quelques troubles du transit digestif, certains médicaments peuvent entraîner une diarrhée. Il peut s'agir simplement d'une diarrhée qui fait suite à un épisode de constipation ou d'une diarrhée isolée qui là encore, si elle est importante, doit vous faire consulter rapidement. D'une façon générale, si vous avez plus de 6 selles pendant 24 heures, ou du sang dans les selles ou une diarrhée avec de la fièvre, vous devez impérativement contacter votre médecin. Si les médicaments de chimiothérapie qui vous sont administrés sont susceptibles d'entraîner une diarrhée, votre médecin oncologue vous aura prévenu et vous aura remis une ordonnance adaptée.

Troubles hématologiques
Les 3 lignées de cellules de votre sang (globules rouges, globules blancs et plaquettes) peuvent être réduites par la chimiothérapie.
Les troubles hématologiques varient d'une chimiothérapie à l'autre. Votre médecin est donc seul juge en ce qui concerne la fréquence de vos prises de sang et dans bon nombre de cas, une seule suffit avant la chimiothérapie suivante.
Les globules rouges, qu'on appelle aussi des hématies, transportent l'hémoglobine (c'est pour cette raison que lorsque le chiffre de globules rouges baisse, le taux d'hémoglobine baisse aussi). La fonction essentielle des globules rouges et de l'hémoglobine est d'apporter de l'oxygène à toutes les cellules du corps. Donc quand le taux d'hémoglobine est trop bas, les cellules manquent d'oxygène ce qui peut entraîner une fatigue et un essoufflement. Cela s'appelle une anémie. A chaque séance de chimiothérapie, les globules rouges baissent un peu puis remontent avant la séance suivante. Toutefois, avec la répétition des cycles de chimiothérapie, la remontée est de plus en plus lente. Certains produits font plus baisser les globules rouges que d'autres mais dans tous les cas, à l'arrêt de la chimiothérapie, le taux de globules rouges remonte. C'est-à-dire qu'il n'y aura aucune séquelle tardive d'anémie. Dans la majorité des cas, la chute des globules rouges est faible et ne provoque pas de symptômes. Dans certains cas, votre médecin oncologue peut vous proposer une transfusion de globules rouges (sachez que les risques transfusionnels sont maintenant très contrôlés) ou un traitement qui stimule la fabrication des globules rouges (erythropoïétine).
Les globules blancs, que l'on appelle aussi des leucocytes, contiennent un sous-groupe de cellules appelées des polynucléaires neutrophiles qui sont particulièrement sensibles aux effets de la chimiothérapie. Le rôle de ces polynucléaires neutrophiles est d'aider l'organisme à se défendre contre les infections bactériennes. Leur rôle vis-à-vis des infections virales est peu important.
Chaque séance de chimiothérapie fait baisser les neutrophiles qui remontent tout à fait normalement avant la séance suivante, parfois même plus haute que la normale. Il est cependant nécessaire d'avoir un chiffre minimal de neutrophiles avant la réalisation d'une chimiothérapie, pour limiter le risque d'infection.
Dans certains cas votre médecin oncologue peut vous proposer de décaler une séance. La chute des globules blancs varie d'une chimiothérapie à l'autre. Elle peut être très profonde (on parle alors d'aplasie) ou moins importante mais plus longue. Quand la chute des globules blancs est profonde et rapide, elle s'accompagne souvent de fatigue, celle-ci disparaissant avec leur remontée. En dehors du report possible de la chimiothérapie ou de l'ajustement des doses, le seul inconvénient majeur est le risque infectieux.
Si vous ne vous sentez pas bien, si vous avez des frissons, vous devez impérativement prendre votre température.
Au-delà d'une température de 38°C il faut absolument faire une NFS (Numération Formule sanguine) de contrôle pour évaluer le nombre de neutrophiles et appeler votre médecin traitant.
Dans certains cas, il est peut être nécessaire d'hospitaliser des patients pour traiter l'infection par perfusion. Cependant, si 1a chute des globules blancs est très fréquente à cause de la chimiothérapie, les complications restent très exceptionnelles. La précaution à prendre quand les globules blancs sont bas, est d'éviter le contact avec des enfants atteints de maladies infantiles ou toute personne souffrant d'affection sévère.
Les plaquettes sont des cellules dont le nombre, chez la personne en bonne santé, est très variable de 150000 à 450000 cellules/mm. Les plaquettes sont des cellules qui servent à la coagulation du sang, donc à éviter les saignements. Au cours de la chimiothérapie, cette variabilité va encore s'accentuer. Ne vous inquiétez pas, c'est normal. Cependant, beaucoup de chimiothérapies ne font absolument pas bouger le taux des plaquettes de façon significative. Quand leur taux est très bas, il peut y avoir un risque d'hémorragie, mais ceci est exceptionnel.

Troubles des cheveux, des ongles, de la peau et des yeux
L'alopécie ou chute des cheveux n'est pas systématique : il y a beaucoup de chimiothérapies qui ne font pas tomber les cheveux. Pour les produits qui font tomber les cheveux, l'utilisation d'un casque réfrigérant pendant la séance de chimiothérapie, permet de limiter, dans certains cas, la chute. Certaines personnes le supportent très bien, d'autres le supportent moins bien en particulier au moment de la pose qui peut être un peu gênante, surtout chez les personnes migraineuses. Le choix est laissé à chacun de mettre ou non le casque Le casque n'est jamais efficace à 100%, cependant l'efficacité est supérieure sur les cheveux courts.
Pour les personnes qui ont des cheveux très épais, il est conseillé de les mouiller avant la pose du casque pour en augmenter l'efficacité. Il est possible qu'il y ait une légère perte de cheveux les premières semaines ce qui va en diminuer l'épaisseur et augmenter l'efficacité du casque. Quand les cheveux tombent, ils tombent généralement 15 jours à 3 semaines après chaque séance, parfois en une nuit. Si vous souhaitez porter une perruque, prévoyez-là avant que vos cheveux ne tombent. Il est déconseillé de faire une coloration pendant une chimiothérapie.
Dans tous les cas, les cheveux repoussent après l'arrêt de la chimiothérapie. Il n'existe aucun médicament de chimiothérapie qui donne une alopécie définitive. Sachez qu'à ce jour, il n'existe aucun traitement préventif.
Les ongles peuvent être légèrement abîmés par certaines chimiothérapies. Ils sont alors moins durs, plus cassants et il ne faut pas hésiter à mettre des vernis nutritifs pour les protéger. Il existe 1 ou 2 médicaments de chimiothérapie qui ont un effet important sur les ongles. Dès que les ongles commencent à s'abîmer il faut les couper très courts. Enfin, à titre exceptionnel, il arrive que les ongles tombent mais ils repousseront normalement. De même, une coloration uniforme ou striée peut survenir, là encore, ce n'est absolument pas grave et cela disparaîtra.
La peau est un organe qui se multiplie rapidement. Elle est souvent très sèche pendant le traitement de chimiothérapie. Il ne faut pas hésiter à vous hydrater avec des laits pour le corps. Sur certaines zones particulièrement sèches comme le visage ou les mains, on peut aussi utiliser des pommades ou des crèmes adaptées. Certaines chimiothérapies favorisent le brunissement de la peau au soleil, l'utilisation d'un écran total est alors conseillée.
Les yeux peuvent être sensibles à la chimiothérapie. Le plus souvent, il s'agit d'une fatigue visuelle transitoire qui est liée à la fatigue générale et peut-être aussi à des difficultés de concentration. Cela disparaîtra avec l'arrêt de la chimiothérapie. Les personnes qui portent des lunettes peuvent être plus gênées. Toutefois, il n'est pas conseillé d'aller voir l'ophtalmologue pendant la chimiothérapie. Il vaut mieux attendre la fin du traitement pour voir si cette fatigue persiste.
Certains produits de chimiothérapie peuvent donner une sécheresse des yeux avec une sensation de brûlure. Il peut vous être donné une ordonnance pour des gouttes ophtalmiques. Il est conseillé de porter des lunettes en cas de vent.

Troubles neurologiques et auditifs
Les effets secondaires neurologiques ne concernent que quelques produits de chimiothérapie. Il s'agit d'effets portant sur les nerfs périphériques des membres (non pas au niveau du cerveau) qui se manifestent par des fourmillements dans les mains ou dans les pieds. Ces fourmillements sont toujours symétriques. Ce n'est pas parce qu'on a des fourmis dans le pied gauche qu'on a une toxicité de la chimiothérapie. Dans ce cas, signalez-le impérativement à votre médecin car si l'on ne fait rien, ces fourmillements peuvent se transformer en un engourdissement réellement gênant. Il n'y a pas de traitement préventif d'où l'importance de le signaler précocement afin, si besoin, de modifier la chimiothérapie. Contrairement à la plupart des effets indésirables de la chimiothérapie, ces effets neurologiques sont parfois longs à disparaître, pouvant durer jusqu'à 6 mois - 1 an, d'où l'importance de les prendre en charge.
Enfin, il existe de rares produits de chimiothérapie qui peuvent diminuer l'audition. N'hésitez pas à signaler à votre médecin que vous entendez moins bien.

La fatigue
Tout au long de la maladie et de ses traitements, l'organisme dépense beaucoup d'énergie. La fatigue est l'un des effets secondaires les plus fréquents du cancer et de ses traitements.
La fatigue peut être liée à plusieurs facteurs :
- la découverte du cancer et/ou de la maladie elle-même
- l'appréhension des examens et traitements
- les déplacements quotidiens
- l'attente avant les consultations
- le nombre et la tolérance de la chimiothérapie
- les soucis occasionnés par la maladie, l'opération, l'angoisse de l'avenir, le stress, une dépression
- le manque de sommeil
La fatigue a des répercussions importantes sur les activités quotidiennes du patient ainsi que sur la qualité de vie. Elle est à l'origine de sentiments d'impuissance, de détresse et parfois de dépression.


La vie sexuelle
La vie sexuelle n'est pas incompatible avec un traitement par chimiothérapie. Elle n'est pas dangereuse pour vous ou votre partenaire.
Les effets secondaires de la chimiothérapie peuvent temporairement diminuer le désir ou la capacité physique du patient. Cette baisse d'activité sexuelle est variable selon les patients.
Certains médicaments peuvent entraîner une diminution du nombre de spermatozoïdes et donc entraîner une diminution de la fertilité, voire une stérilité masculine. Si le couple projette d'avoir un enfant, il peut être utile de réaliser un prélèvement de sperme et de le conserver en banque de sperme (CECOS) avant certaines chimiothérapies.
Chez la femme, il peut y avoir une perturbation des cycles menstruels, voire une interruption totale des règles. Si tel est le cas, la femme peut ressentir les symptômes associés à la ménopause : bouffées de chaleur, sécheresse de la peau et des muqueuses, démangeaison de la vulve.
Les grossesses sont en général contre-indiquées durant une chimiothérapie, si la patiente est enceinte avant le diagnostic du cancer, elle doit impérativement en informer son médecin.

Autres effets secondaires
La liste des effets secondaires d'une chimiothérapie est très longue, sachez que certaines drogues peuvent avoir une toxicité cardiovasculaire à plus ou moins long terme et dans ce cas votre médecin oncologue vous aura prescrit une surveillance spécialisée avec le cardiologue de votre choix.
Il peut exister une toxicité rénale à l'administration de certaines chimiothérapies, il est donc nécessaire dans ce cas de bien vous hydrater, en général votre cancérologue prévoit une surveillance biologique de votre fonction rénale avant la séance de chimiothérapie et adapte le protocole en conséquence.
D'autres risques existent, mais ils demeurent exceptionnels. Bien entendu, si vous souhaitez plus d'informations, n'hésitez pas à en parler à votre Oncologue.

4. Quand contacter votre médecin ?
Un certain nombre de signes doit impérativement vous inciter à prendre contact avec votre médecin :
Nausées ou vomissements vous empêchant de manger et surtout de boire pendant plus de 24 heures
Fièvre supérieure à 38°C ou fièvre avec frissons, faîtes rapidement une NFS et appelez votre médecin traitant
Diarrhée persistant plus de 48 heures, avec plus de 6 selles par 24 heures, ou en cas de sang dans les selles
Saignement quel qu'il soit.
Devant tout signe inhabituel chez vous, tel qu'un mal de tête important ou une constipation prolongée.

LEXIQUE



Alopécie : chute de cheveux
Anti-émétiques : médicaments préventifs des nausées et des vomissements
Cellules des muqueuses : cellules recouvrant l'intérieur de la bouche
 

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